Vision Mondiale
Min Min, victime de trafic sur un bateau de pêche
À l'âge de 17 ans, Min Min a embarqué sur un bateau en provenance de la Birmanie, à destination de la Thaïlande, dans l'espoir de trouver un meilleur emploi et ainsi subvenir aux besoins de sa famille. Ses rêves ont été tragiquement anéantis lorsqu'il s'est rendu compte qu'il avait été vendu à un bateau de pêche indonésien. Son courage et sa détermination lui ont permis au bout du compte de retourner chez lui.
Poussé par la soif d'aventure et le besoin de percevoir plus d'argent pour sa famille, Min Min a discuté avec un homme qui a affirmé pouvoir l’aider à décrocher un travail en Thaïlande. « J'étais tellement content lorsqu'il m'a dit que je pouvais avoir un emploi là-bas, et être bien payé. Il était comme un frère : je l'ai aidé lorsqu'il avait des problèmes, et il a vécu chez moi pendant plusieurs mois. J’ai donc cru ce qu'il m'a dit », se souvient-il.
« Au début, je ne savais même pas où j'étais. Ils m'ont dit que je devais travailler sur un bateau de pêche, car c'était mieux payé. Je croyais que je devais aller travailler en Thaïlande. En fait, j'ai été vendu à un bateau de pêche indonésien. C'était comme vivre en enfer. Parfois, je devais travailler toute la nuit. C'était épuisant. Ils ne me donnaient pas de vêtements convenables, de bottes et d’équipement de sécurité. C’était vraiment dangereux de travailler là-bas », raconte Min Min.
« Ils menaçaient de me torturer et de me tuer à petit feu si j'essayais de m'échapper. Mais je trouvais toujours des manières de m'échapper. Heureusement, la deuxième a été la bonne », se souvient-il.
Lorsque le bateau a amarré sur une île indonésienne, Min Min s'est échappé et a couru jusqu'à une forêt environnante, où il a survécu pendant plusieurs jours avant d’atteindre un petit village.
« Comme je n'avais pas de document de voyage légal ni de papier d'identité, il était impossible de rentrer chez moi. J'ai fait des petits boulots et j'ai essayé de survivre. Entre-temps, j'ai essayé de contacter ma famille qui me croyait mort. Pendant toutes ces années, mon seul et unique souhait était de pouvoir rentrer chez moi. J'ai prié, encore et encore, » déclare Min Min. « Après neuf ans en Indonésie à travailler, à lutter pour ma survie et à me cacher de la police, j'ai pu prendre contact avec ma famille et je suis rentré chez moi », raconte-t-il.
« Je suis très heureux d'être à nouveau auprès de ma famille. Mais je ne peux pas me sentir complètement épanoui. Je suis triste pour les milliers de travailleurs immigrés clandestins de Birmanie, qui luttent encore pour survivre et rentrer chez eux », conclut-il.